Du temps ou les RP faisaient partie d’un club très exclusif !

Publié le 5 Juillet 2012

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Les RP étaient autrefois un club très exclusif.
Les gens des RP utilisaient leur propre jargon et des règles bien spécifiques. Compter parmi le club des attachées de presse, c’était comme être au coeur d'un petit réseau d’initiés, stratèges évoluant dans les hautes sphères de l’influence, du temps où l’influence était réservée à un petit groupe d’individus passés maîtres en la matière ! Si vous n’étiez pas immergé dans ce petit monde, les PR semblaient un job à la fois ésotérique et mystérieux qui nécessitait de nombreuses formations initiatiques, comparables à des études en biochimie ou bien en déchiffrage de hiéroglyphes.
Les professionnels des PR passaient leur temps pendus au téléphone, ou bien en conférence de presse, ou bien encore à rédiger des communiqués de presse, destinés uniquement aux journalistes et rédacs chefs, avec lesquels ils essayaient désespérément de caler un rendez-vous ou une interview.

Ensuite, ils croisaient les doigts en priant : pouvu qu’ils sélectionnent mon actu en espérant de toutes leurs forces que le journal publierait des lignes et des lignes élogieuses sur leur client.

L’objectif ultime du professionnel des RP ancienne génération : la parution presse, preuve concrète de sa capacité à bien mener une campagne médiatique, en parfait pro des RP !

Seul(e)s les meilleur(e)s attaché(e)s de presse pouvaient se targuer d’avoir des relations personnelles (amicales !) avec les médias, et pouvaient « décrocher un article » aussi facilement qu’en « décrochant  leur téléphone » parce qu'ils/elles avaient déjeuné quelques jours avant avec le journaliste concerné.

Mythe ou réalité ? peu importe, ce temps n’est plus.

Avant Internet, il n’y avait pas d’autre choix pour une marque ou une entreprise que de s’offrir un plan d’achat d’espace puissant ou de travailler avec des experts des PR doté d'un solide relationnel journalistique.

Ces règles ne sont plus applicables. Le web a profondément modifié la diffusion de l’information, la notion d’influence, et un simple internaute peut délivrer une information avec une puissance similaire à celle de l’AFP. Un simple individu, qu’on pourrait dénommer « medium amateur » peut s’avérer aussi puissant qu’un média traditionnel à très large audience : voir cette excellente présentation «  Online Media Landscape 3 » .

Le paysage des médias, au travers du Web, s’est largement modifié. Il offre désormais un extraordinaire champ des possibles aux marques, aux organisations ,aux entreprises qui souhaitent partager leurs actualités, leurs expériences. Le rôle des professionnels des RP, c’est maintenant  celui de piloter cette présence médiatique sur ces différents espaces que sont :

Les médias classiques :
• TV
• Radio,
• Presse écrite

Les médias 3.0
• Brand Media : version online des grands médias traditionnels
 Agregation Media : moteurs de recherche, portails agrégateurs de contenus (Google News, Yahoo News, Delicious…)
• Amateur Media : User generated conten (UGC) : blogs, videos, forums, Social networks
• Consumer Media : Avis de consommateurs, sites web avec commetaires des internautes, plateformes social media
• Custom media : annuaires, guides, encyclopédies participatifs/collaboratifs (ex : Wikipedia)

Pour accompagner les entreprises dans la gestion de leur stratégie media, le profil de l’expert en relations publics a profondément muté. Le club n’est plus fermé mais il reste cependant constitué d’experts du Social Media, de la diffusion orchestrée de l’information, de la gestion et la mesure d’influence et d’e-reputation.
Les modes de médiatisation se sont complexifiés. L’accès à l’information est instantané, multi canaux, multi usages.
Faut-il aujourd’hui plus que jamais un pilote ultra compétent dans l’avion ?
A vous d’en juger !

Rédigé par sandrine charpentier

Publié dans #Relations Presse

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Clara 15/10/2012 15:28


Bonjour,


 


Je suis etudiante à l'EFAP ( ancienne école francaise des attachés de presse) et etant en derniere année, je dois effctuer un mémoire de fin d'étude. Je souhaite travailler sur les relations
presse et je voudrais vous poser quelques questions car votre blog m'interesse beaucoup. Dialoguer avec vous peut etre très utiles pour la rédaction de ma problématique. Acceteriez vous de me
donner votre adresse mail ?


Merci par avance,


 


Clara

Nicolas Bienvenu 06/07/2012 11:50


Ce sera avec plaisir. C'est bien dans l'échange que nous affutons nos expertises et croisons nos expériences. Toujours tout à y gagner.
PS1: tout à fait d'accord bien sûr avec la nécessité de continuer à revisiter nos modes de fonctionnement pro
PS2: hors journalistes, les communautés, comme les blogueurs et influents online sont bien sûr des relais qui trouvent aujourd'hui leur place dans la plupart des strat RP (je n'ose imaginer le
contraire)
PS3: vous ne me ferez pas considérer la compagne du Président de la République (et journaliste!) comme un simple internaute pour illustrer votre propos, n'y pensez même pas :) je prends donc
votre preuve et la renvoie dans votre jardin avec la pierre :)
PS4: la fin du relationnel avec les journalistes ne saurait être prôné, c'est le coeur de notre métier! le P seul, pour nous définir, se sentirait bien esseulé! C'est bien évidemment leurs
formes, les outils et les stratégies qui sont à sans cesse réinventer, adapter. Souhaitons-le.

sandrine charpentier 06/07/2012 14:51



Pour ce qui concerne la compagne du President, journaliste comme vous le soulignez, j'estime qu'elle a utiliser un mode individuel de communication, parce qu'aujourd'hui possible, pour nous faire
part d'une prise de position présentée comme "tout à fait personelle" (ce n'était pas celle de la journaliste). Elle n'est pas un simple internaute, mais elle a usé de moyens à la
disposition de n'importe quel internaute, ce qu'on lui a notamment reproché. Son tweet a été lu par quelques 100 000 followers et combien de non-followers via d'autres médias... Une belle
diffusion pour un "medium individuel". Influenceuse, certes, mais dans ce tweet, ni journaliste, ni porte parole du Président. 


PS4 : pour tout vous dire, il m'est arriver de créer des buzz internationaux sans passer le moindre coup de fil... juste pas la puissance d'Internet... Mais je partage votre
point de vue, notre métier est très fortement lié au R de Relationnel ! 



Nicolas Bienvenu 06/07/2012 10:45


Hello,


j'ai trouvé la description du RP "à l'ancienne" assez savoureuse, même si tricotant le cliché, on en sera d'accord, mais je dois dire que je suis en total désaccord sur l'ensemble de ce billet
:)
D'une part, ces RP traditionnels ont encore aujourd'hui largement leur place dans le relationnel médias. Elles concourent clairement à déclencher du "papier" grâce au déroulé d'un argu/échange
qui ne saurait se passer hors de la chronologie discursive (tel, conf, dej, on est dans la maïeutique visant à convaincre notre interlocuteur de nous accorder de l'espace média).


D'autre part, considérer qu'un simple internaute soit l'égal d'un brand media online est plutôt excessif à mon sens. Votre lien slideshare présente une catégorisation qui a son utilité mais
n'avance rien qui serve ce point de vue sur l'égalité d'impact. Un simple internaute peut être à la source d'un buzz qui se transforme en info (cf Sofitel), mais le brand media reste une ref
évoluant dans la même immédiateté, la crédibilité en plus. Il faudrait d'ailleurs à ce titre creuser le détail entre les agences et les médias online, entre les journalistes et les influents,
entre la force de frappe imédiate de l'ultra-followé et le cheminement hasardeux d'un potentiel hoax posté par un simple internaute.

Bref, la nature des RP et la frontière média/réseau n'ont pas fini de nourrir réflexions, prises de positions, échanges. non seulement c'est plutôt sain, mais c'est là notre métier même. Votre
billet y participe, cela fait tout son intérêt :)

sandrine charpentier 06/07/2012 10:58



Merci pour votre pertinente contribution Nicolas. Je travaille le cliché certes mais l'avènement de l'ère des RP 3.0 est bien un réel boulversement pour notre profession et je suis
une fervente concaincue de l'importance de revisiter notre métier et nos pratiques pour aller désormais vers les influenceurs et non plus uniquement vers la sphère des
journalistes de l'univers des medias traditionnels. Je parlais récemment du cas (certes très galvaudé ) du Tweet fatal de V. Trierweiler, c'est une preuve irréfutable du pouvoir de
l'individu sur l'information, et même sur les médias ! Alors oui bien sûr, je ne prône pas la fin du relationnel avec les journalistes, j'invite à revoir le périmètre de nos
actions en intégrant les influenceurs et leurs nouveaux territoires d'expression. Je serai ravie d'en discuter plus longuement avec vous, on line ou off line !