Native Advertising : « Ceci n’est pas des RP »

Publié le 8 Octobre 2013

xeroxvoiceEn écho au dossier paru dans Stratégies n°1737 du 26/09/2013, qui titrait « Ceci n’est pas un article », il reste un sujet à soulever pour la profession RP. Le « Native Advertising » va-t-il impacter le monde des relations presse ? Ou faudrait-il déjà dire, comment va-t-il impacter l’univers des relations presse ?

 

 

Extension du « brand content », qui intègre la publicité aux contenus journalistiques digitaux, le native advertising, arrive dans les régies de presse, comme le précise l’article de Stratégies.


Il s’apparente à un contenu éditorial, un article donc et est à visée publicitaire, via un lien Twitter ou Facebook ou encore un lien vers une page web dédiée à la marque. Déjà très en vogue aux USA, voir mon dernier billet sur le sujet, il séduit de plus en plus de grandes régies de l’hexagone, telles que Amaury, Lagardère, 20Minutes… avec sur leurs talons, prêt à se lancer, de grands groupes à l’instar du Monde ou de Prisma.

 

 

Le Native Advertising, c’est un peu au numérique ce qu’est le publireportage au papier, analyse Stratégies. Oui, sauf que le temps d’attention sur un média online est moins qualitatif et moins soutenu que sur un support papier traditionnel tel qu’un magazine. D’où une confusion des genres quasi acquise online.

 

 

Des régies se développent rapidement sur ce créneau juteux s’il en est, puisqu’on nous répète au travers d’analyses, de tribunes expertes, de nombreux témoignages richement illustrés, que le "Brand Content" est à placer au cœur de nos stratégies de communication.

 

 

Mélange des genres entre rédaction et publicité ? Chacun son argumentaire et son sentiment. Si Denis Oliviennes, président de Lagardère Active, a promis de veiller à l’indépendance et à la protection de la rédaction, il faudra surtout faire travailler les équipes pub et rédactionnelles main dans la main pour éviter les conflits d’intérêts.

 

 

En regardant le Native Advertising comme un nouveau moyen de communiquer pour les annonceurs, avec des contenus plus experts, plus pertinents pour les lecteurs, on ne peut y voir que des avantages, certes, en tout cas pour l’annonceur, et pour le média également qui va voir bondir ses recettes publicitaires online.


Se pose alors la question des relations presse.

Si, bien sûr, les RP ne s’apparentent pas à une démarche de publicité, il faut se demander si les native adverts ne vont pas bousculer les stratégies de brand content RP que nous proposons nous aussi à nos clients, pour leur permettre d’obtenir du contenu expert, sur un sujet de société ou une problématique métier ?


Si, en effet, le contenu expert s’impose en publicité, entre les contenus rédactionnels, notre latitude pour développer des contenus RP, similaires ou assez proches de ce à quoi pourrait ressembler une campagne de Native Advertising, risque d’être impactée, plus ou moins fortement, à plus ou moins long terme…

 

C’est un point de vigilance à noter. Car si aujourd’hui les blogueurs influents préfèrent un billet sponsorisé aux articles experts qu’on peut parfois leur proposer, il est possible d’imaginer que les rédactions, demain, nous orienteront vers le Native Advertising pour proposer un contenu éditorial…

 

Et quid des marques que nous accompagnons qui peuvent désormais se poser la question d’arbitrer entre une campagne de Native Advertising et une campagne de relations presse…

 

 

 

Rédigé par sandrine charpentier

Publié dans #Relations Presse

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