Journalisme et développement durable

Publié le 20 Août 2010

Rapport journalistes/entreprises/ONG

pas évident pour les médias de gérer le rapport avec les entreprises et les ONG. Les journalistes considèrent les entreprises comme un maillon essentiel du développement durable mais il n’est pas évident de se positionner face à l’ambiguïté de leurs intérêts. Les ONG et les associations quant à elles n’occupent pas vraiment le devant de la scène médiatique, et ne sont pas toujours associés aux grands sujets du développement durable. Ceci dit, il faut bien l'avouer, le développement durable est abondamment traité dans la presse, même si encore aujourd’hui, l’environnement est le thème largement dominant tandis que le social arrive un peu plus loin derrière.

 

Information vs communication : quelle crédibilité ?

Il n’est pas évident pour un journaliste de préparer un sujet sur le développement durable (voir l’article ONG-Entreprises : le choc des valeurs) Il faut s’assurer à la fois d’une vision équilibrée, de démontrer des faits par des images ou des témoignages, des chiffres des données scientifiques et croiser les sources en consultant un maximum de parties prenantes, celles-ci étant bien souvent animées par des débats passionnés !

Il semblerait par ailleurs que les consommateurs font plus confiance aux associations, ONG voir à Internet… qu’aux médias traditionnels pour s’informer notamment dans l’univers du développement durable comme cela a été mis en exergue lors des dernières Assises nationale du développement Durable à Lyon les 19 – 20 et 21 janvier 2009.

Car du côté du consommateur toujours, le développement durable est souvent encore perçu comme le sujet « tarte à la crème », d’autant plus aujourd’hui avec le martellement médiatique auquel nous sommes tous sujets.

Comment donc parler de développement durable au sens large : environnement, social, économie en conservant l’intérêt du lecteur/auditeur/téléspectateur ? C’est l’enjeu des rédactions qui veulent faire du développement durable une constante d’information, une thématique de sensibilisation, un terrain d’expression libre et honnête.

Et à l’évidence, tout l’art de faire du journaliste est de savoir transformer de la communication (entreprises, ONG, experts…) en information.

Pour apporter une vision positive au débat, et comme le mentionnait à juste titre Nathalie Kosciusko Morizet lors de l’ouverture du Colloque Gulli « La responsabilité des médias en matière de développement durable » en janvier 2009, « C’est une victoire du Grenelle de l’environnement et des journalistes d’avoir réussi à faire du développement durable un sujet majeur dans les médias » et en soulignant « Il y a une alchimie, entre action scientifique et opinion publique, qui passe par les médias et qui fait que l’on passe à l’action ».

 

Former les journalistes : vaste débat ?

Dans les média, le développement durable bénéficie d’une forte exposition : plus un journal télévisé sans qu’un sujet lié au développement durable ne soit présenté, plus un quotidien sans rubrique développement durable... Tout repose donc non pas dans l’information (elle existe bel et bien !) mais dans son traitement. L’indépendance du journaliste est plus que jamais un sujet de préoccupation.

Faut-il former les journalistes à l’information sur le développement durable, à l’instar du plan de formation interne proposé par France Télévision à ses équipes ?

Walter Bouvais, le pionnier du média vert répondait lors des Atliers de la Terre (en 2007 soit !) à cette question en concédant qu’aucun journaliste n’a la capacité de maîtriser tous les sujets. Il faut finalement réapprendre à lire et écrire le monde d’un point de vue différent, avec des approches plus ou moins spécialisées dans les rédactions, tout en décloisonnant les thèmes.

Mais d’autres s’accordent à dire que, dans une vision plus durable sans doute, plutôt que d’envisager une sensibilisation ciblée des journalistes au développement durable, il serait plus pertinent d’incorporer l’approche développement durable dans l’ensemble du système d’enseignement.

 

Une conclusion ?

De toute façon, « Il est trop tard pour être pessimiste », a décrété Yann-Arthus Bertrand, alors agissons !

Rédigé par sandrine charpentier

Publié dans #Relations Presse

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